Anna Burlet cultive la cuisine comme prisme de questionnements. Elle replace l’humain dans la nature, lui enlève sa position dominante, propose une déconstruction du stéréotype anthropocène, en donnant à voir la complexité, la richesse de la nature, et en nous replaçant dans sa temporalité lente, dans sa simplicité et son immédiateté locale. Par ses immersions gustatives éphémères, le public devient performeur, mis face à la surprise et l’expérimentation, que crée son méticuleux travail du trouble et du leurre. L’artiste envisage la nourriture comme paysage comestible (manger l’animal qui mange nos paysages), ou par ses outils de table (qu’elle réinterprète avec un intérêt archéologique et sociologique pour l’objet), comme indice, trace, vestige et signe, qui raconte quelque chose de nous.

oeufs redimensionnées