« Même les aveugles de nos jours ont un écran allumé au fond des yeux (...) » Vidéos de Estelle Vernay & Pauline Payen


05/07/2011 - 14:30
30/07/2011 - 16:00

« Même les aveugles de nos jours ont un écran allumé au fond des yeux. Aujourd’hui on ne voit plus rien, on passe son temps à reconnaître »

 

(Daniel Pennac, Monsieur Malaussène, Ed. Gallimard, 1997, p.106)
- Vidéos des artistes Estelle Vernay & Pauline Payen

Après avoir conduit des ateliers de création, deux vidéastes sont invitées pour une programmation vidéo, l’occasion pour le Centre d’art contemporain d’affirmer son soutien à la jeune création et une ouverture nouvelle vers la création multimédia à l’auditorium du Pavillon Blanc, nouvel outil de diffusion.

de 14 à 16h à l'auditorium du Pavillon Blanc

 

L’ECRAN DE NOS VIES ?

 

Quelle est la place de la télévision dans notre quotidien et dans nos foyers ? Quelle influence les images télévisuelles ont-elles sur nos pensées ?
La place centrale de ce média dans nos vies témoigne de son importance en tant qu’entité décisionnaire, que l’on écoute et que l’on croit. L’impression est telle que le spectateur est hypnotisé ; mais il apprend aussi à regarder ces images qui font aujourd’hui partie du monde. Tantôt zombie devant l’« écran allumé », il se tranquillise et obtempère dans la création d’une matrice de la pensée collective, outil de manipulation. Tantôt lecteur et créateur, il joue avec les signes...
L’omniprésence de l’écran est le sujet abordé par Estelle vernay et Pauline Payen, selon deux points de vue, sur le rapport contemporain de l’individu à l’image.

 

L’ANGOISSE DU DECOR

 

A travers ses vidéos, Estelle Vernay explore les « clichés » du cinéma américain, tant d’un point de vue technique que conceptuel, en recréant l’ambiance et le décor des films d’horreur. Pas de vision de crime ou de course effrénée, le retardement de l’action repousse le déclenchement d’une réaction chez le spectateur tandis que l’angoisse l’envahit, persiste et évolue. Pas de tueurs ni de tués, le décor est le personnage principal. L’espace cinématographique et le son véhiculent seul la tension.

 

REJOUER LE SPECTACLE DES MEDIAS

 

Pauline Payen exploite quant à elle le registre du burlesque en se mettant parfois en scène dans des situations cocasses. Dans un engagement du corps, proche de la performance, elle s’amuse à passer de la dérision au sérieux lors de scènes ordinaires. A travers ce « comique de situation », monté de toutes pièces, le regard du spectateur contemporain est confronté à l’absurdité de la vie mais également à la mécanique du spectacle dévoilée par l’artiste.
Tandis que la narration est absente chez Estelle Vernay qui joue plutôt avec les émotions, Pauline Payen utilise le langage qui contribue ainsi à rendre les situations risibles.


LES ARTISTES :

 

ESTELLE VERNAY


Née à Toulouse en 1985. Elle étudie à l’école des Beaux-arts de Toulouse où elle obtient son diplôme en 2008.
En février 2010, elle participe à l’exposition Fabriques Mikado au BBB, centre régional d’initiatives pour l’art contemporain. Cette expérience oriente son travail vers la réalisation d’ « image sans images » où le décor de cinéma est désacralisé se présentant sous forme de modules-installations et dont la vidéo se fait l’écho.
En 2010, elle investit la Générale en Manufacture de Sèvres, laboratoire collectif de création artistique parisien, et participe aux ateliers de résidence aux côtés d’une trentaine d’artistes. Elle se dirige vers l’utilisation de matériaux « pauvres » et joue avec la maladresse qu’il peut s’en dégager.
Aficionado des films de genre, elle en exploite les images et le contenu. Elle travaille actuellement, en collaboration avec l’artiste-performeur Nicolas Puyjalon, à la création d’une vidéo qui n’en est pas une puisqu’elle se fonde sur l’installation d’un décor et de son activation par la performance.
www.estellevernay.com

 

PAULINE PAYEN


Née à Paris en 1984. Elle étudie à l’école des Beaux-arts de Toulouse et bénéficie, en 2008, d’un programme d’échange à HBK Braunschweiget en Allemagne, institution au statut universitaire à vocation internationale, artistiques et scientifiques. Elle obtient l’année suivante son diplôme.
En 2010, elle réalise une résidence au Gastatelier des Kulturamtes de Düsseldorf en Allemagne grâce à une bourse permettant à des artistes en arts visuels d’aller à l’étranger. Elle y produit plusieurs pièces dont Born to be alive avec l’acteur et artiste Rachid Maazouz. Travaillant aujourd’hui entre Toulouse et Berlin, cette double culture nourrit et enrichit sa production artistique.
Influencée par les artistes vidéastes-performeurs tels que Pipilloti Rist et Bruce Nauman, ainsi que les poètes sonores Pennequin et Tarkos, sa création est animée par la volonté de repousser toujours plus loin les limites de l’absurde. En référence au Mythe de Sisyphe d’Albert Camus, les « héros absurdes » de ses vidéos semblent faire face, par la persistance et la révolte, au pathos de la vie.
http://www.b222.de/arbeiten/paulinepayen/index_pauline_payen.html
http://www.kompost.me/

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